• Damien LAUNAY

Astuce auteur : les couleurs

"Armure blanche", "chevelure noire", pourpoint bleu"...

Certes, c'est une façon de décrire les couleurs, un peu brute. Des nuances plus subtiles existent. Pourquoi ne pas les exploiter.


Exemple : blanc.

De nombreux adjectifs permettent de caractériser le blanc. Je ne vais pas ici en faire la liste exhaustive. L'idée est d'illustrer le propos.


lacté : qui a la blancheur, qui ressemble au lait


La scène se voit, dans son étroit coup de jour, comme éclairée par une aube lactée, un ensoleillement doucement féérique, un rayonnement de midi ayant quelque chose de fantastique (Goncourt, Journal,1891, p. 154).


crayeux : qui a l'aspect, la consistance de la craie


Sous le grand jour crayeux des vitres barbouillées (Zola, Œuvre,1886, p. 74).

La lumière crayeuse de la lune éclairait des faces pétrifiées (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 96):


lilial : qui a la blancheur, la pureté du lis.


Elle devait avoir envie de venir se sourire encore en cette glace mystérieuse où elle avait tant de fois admiré son lilial visage! (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 31).

Mais elle, était plus somptueuse encore, rien qu'avec la soie liliale de sa peau, sa taille mince et allongée, sa gorge ronde et menue, ses bras souples, d'une grâce divine (Zola, Dr Pascal,1893, p. 185).


argenté : qui a la blancheur, l'éclat de l'argent.


neigeux : qui rappelle la neige par sa blancheur, sa douceur


cireux : qui est blafard et jaunâtre


Dans l'humide jardin de la petite maison, François Hugo est couché dans un long fauteuil, le teint cireux, les yeux à la fois vagues et fixes (E. et J. de Goncourt, Journal,1873, p. 938).


ivoirin : qui ressemble à l'ivoire par sa blancheur.


Qu'elle a bonne grâce, ainsi accoudée et un peu penchée en avant, ce qui fait voir à l'avantage, sous la gaze de la chemisette, les rondeurs de sa gorge ivoirine! Gautier, Fracasse,1863, p. 186.


Je pourrais aussi citer l'albâtre qui symbolise une blancheur très pure :


À l'occident, se déploie une chaîne de rochers, les uns couchés, les autres plantés dans le sol, ceux-ci perçant l'air de leurs pics arides, ceux-là de leurs sommets arrondis; leurs flancs verts, rouges et noirs, retiennent la neige dans leurs crevasses, et mêlent ainsi l'albâtre à la couleur des granits et des porphyres. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 321.


Voilà pour le blanc. On s'attaque au bleu ?


Sources : CNRTL, Larousse.

Les voies de la composition française, manuel pratique de l'art d'écrire, M. Courault.

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